Association Humanitaire Manlife - Conseil d'administration
 

Association Humanitaire Monégasque
(autorisée par Arrêté Ministériel n° 2004-256 du 13/5/2004)

"Extrait des statuts :
"....fournir assistance aux démunis, sous forme d'aide alimentaire, sanitaire, éducative ou la création de structures adéquates, partout dans le monde,...
......on portera une grande attention à l'aide aux enfants."
Italiano
2004 2005 2006 2007 2008 2009 2011 2012 2013

Mozambique 2011

VISITE A ESMABAMA          mai 2011

Je suis à nouveau à Beira, prêt pour le voyage habituel vers les centres d'éducation d' Esmabama. Demain matin départ à 5 heures vers Barada où Ottorino doit accueillir l'ambassadeur d'Autriche en visite. Durant ces trois jours de visite, j'ai demandé à Ottorino de faire comme si je n'étais pas là afin de mener à bien ses activités normales. Et il l'a fait. Le centre de santé à terminer Départ à 5 heures, destination Barada où une organisation gouvernementale autrichienne a financé la construction d'un centre de maternité:  les fondations et le gros oeuvre ont été réalisé. Le reste sera complété plus tard cette année. En parallèle avec le centre de maternité, le projet prévoit également la construction d'un nouveau centre de santé. La construction a été financée par une association italienne du Molise, qui a versé un premier acompte qui a permis le démarrage des travaux. Malheureusement, le tremblement de terre de 2009  les a empêchés de financer l'achèvement des travaux et la construction est restée en suspens. Une raison de plus pour un passage à Barada. Nous devons, dans les jours prochains, décider de l'utilisation de notre contribution annuelle de 30.000 € à Esmabama. La réalisation du Centre de santé permettrait aux populations locales de bénéficier d'un centre de consultation bien équipé, en collaboration avec le centre de maternité, ce qui aiderait à améliorer rapidement la qualité des services de santé dans la province.

L'éducation scolaire est indispensable en tant que condition préalable au développement en particulier dans les zones rurales, mais les deux choses qui changent immédiatement les conditions de vie sont l'accès à l'eau (la majorité de la population n'en a toujours pas à proximité) et le service de santé .
Pour cette raison, dans tous les centres Esmabama se développeront des postes de santé et des maternités. Le seul qui fait défaut pour le moment, est le centre de Machanga.Ecole d'Agriculture - Salles de classes, dortoirs, refectoire, toilettes.
Une des choses qui me conforte dans les projets Esmabama, c'est que toutes ces installations, tant scolaires que sanitaire, seront ensuite gérées par du personnel rémunéré par l'Etat mozambicain. Ce dernier n'a pas l'argent nécessaire pour construire, mais prévoit de prendre à sa charge le salaire des enseignants et des professionnels de santé.

A Barada étudient 1913 élèves, dont 620 étudiants en internat. Le cycle est complet jusqu'à la fin de l'école secondaire.
Une nouveauté importante consiste au développement de l'école rurale: un cycle de trois ans après le premier cycle du secondaire pour apprendre les techniques de production agricole. On applique le critère de l'alternance 2 semaines d'enseignement à l'école et 2 semaines à la maison pour appliquer ce qu 'on a appris. Et ainsi les parents seront impliqués.
Pendant les cours on entretient également le potager dont le produit est à la disposition des étudiants.

Actuellement, 65 étudiants sont inscrits dans le cours et le nombre augmente chaque année.

A Barada, Manlife a  financé ces dernières années la construction de toilettes pour les garçons et les filles et la rénovation de salles de classe.

Un changement important est la reprise, il y a deux ans, de la culture du riz. À l'époque coloniale, cette région a été l'un des fournisseurs de riz au Portugal. La guerre civile avait tout détruit et maintenant l'activité reprend péniblement. La production a doublé dans la deuxième année et beaucoup de terres sont encore disponibles.

L'exploitation du bois des vieux  cocotiers a aussi commencé. Ceux ci ne sont plus aptes à porter des fruits, mais leur bois est cependant utilisé. Une pépinière a été développée. Certaines jeunes plantes sont vendues, les autres servent à remplacer les vieilles. Il faudra 20 ans avant que nous puissions avoir de nouveaux fruits, mais il est vrai que si personne ne l'avait planté dans les dernières décennies, maintenant, nous n'aurions pas cette magnifique cocoteraie.
Poteaux et poutres sont fabriqués et les racines creusées deviennent des vases d'ornement Poteaux et poutres sont fabriqués et les racines creusées deviennent des vases d'ornement

 

Poteaux et poutres sont fabriqués et les racines creusées deviennent des vases d'ornement
.
On est en train de construire une nouvelle porcherie. Un animal est sacrifié de temps en temps pour améliorer le repas quotidien de farine de maïs. Le plus souvent les animaux sont vendus.

Extension de la porcherie.Extension de la porcherie.

 

 

Extension de la porcherie.

 

 

 

Déjeuner et départ pour Machanga avec un arrêt à Estaquigna.
Comme d'habitude, nous avons chargé le pick up et nous amènerons trois techniciens (électriciens et mécaniciens) à Machanga. Durant les rendez-vous d'Ottorino, ceux ci interviendront pour les réparations nécessaires et urgentes
A Estaquigna également les nouveautés les plus importantes sont les centres de santé et de maternité. Ils sont presque complets et Ottorino s'entretient avec les ouvriers pour définir les derniers travaux (nous contrôlons que les fermetures  des fenêtres sont efficaces et que tout fonctionne). Ottorino veut absolument ouvrir le centre de maternité la semaine prochaine et le centre de santé dans le courant du mois de Juin.
Il sera nécessaire de construire une petite maison pour loger le personnel médical. Manlife? Nous déciderons ensemble à la fin de notre voyage.

A Estaquigna étudient 1903 élèves dont 502 étudiants en internat. Depuis cette année, ont également été ouvertes la classe 11 et 12, de sorte que tous les centres d'Esmabama offrent maintenant le cycle complet d'éducation.
Ici aussi, l'école d'agriculture fonctionne.

Après quelques heures, départ pour Machanga, environ quatre heures plus de route (pour ainsi dire !!!).
Nous arrivons à 20h45 et il me semble qu'il manque quelque chose, je ressens une sensation inhabituelle, puis je comprends: le silence. Ces dernières années, les lumières, le soir étaient accompagnées par le bruit du générateur d'énergie électrique qui fournit de l'électricité de 18h à 21h. Maintenant, le silence. Avant de nous asseoir à table, les 21 h sont passées, je regarde par la fenêtre et je vois les maisons des professeurs avec la lumière allumée, même après 21h. C'est, pour moi, une nouveauté. Je me demandais comment l'arrivée de la ligne électrique allait changer la vie dans le centre: beaucoup, surtout pour le personnel.
Les élèves vont se coucher à 21 heures. Le matin les cours de l'école commencent à 6 heures. Pour les enseignants est arrivé le premier signe de luxe : le réfrigérateur. Capable de changer radicalement leur mode de vie. Pendant la saison chaude, notre hiver, des températures supérieures à 40 degrés sont atteintes et pour la première fois dans l'histoire de ces gens, ils peuvent se permettre de conserver les aliments.

Les maisons des enseignants et du personnel médical ont été dotés de compteurs indépendants, chacun paie ce qu'il consomme.
Je me demande ce que sera le prochain «accessoire». Certainement, la télévision, pour ceux qui pourront s'équiper une antenne parabolique. Pour que l'électricité puisse être  utilisée dans la cuisine, je pense que l'attente sera plus longue. Trois fois par jour, à côté de chaque maison, on allume le feu et probablement on continuera ainsi  pendant longtemps. Du gaz, pas de trace, l'électricité pour la cuisson serait encore trop chère. Et allumer le feu fait toujours partie intégrante de la vie de ces populations

Nous nous  arrêtons pour la nuit, et pour la première fois je n'aurai pas à allumer la bougie.

Depuis l'achèvement des grands travaux de reconstruction effectués à Machanga avec la contribution à travers Manlife, de la Fondation Lord et Lady Laidlaw, le centre a été équipé récemment d'un four à pain et d'un local pour le moulin. Il reste toujours en suspens la création d'un centre de santé dont Machanga est privé (il y a seulement une petite infirmerie).

Il y a 1807 élèves à Machanga dont 497 pensionnaires. Un nombre très important, 419 élèves étudient en classe de 11è et 12è (les deux dernières années). Trois ans seulement après  la restructuration de Machanga, on est arrivé à ce nombre important, signe sans équivoque de la nécessité absolue de la structure.

A l'école d'agriculture 35 étudiants sont  inscrits dont 12 filles. Elles partagent les salles de classe avec les autres étudiants, mais il y a la nécessité de construire une structure distincte (comme dans les autres centres). Il serait nécessaire d'avoir trois salles de classe, deux petits dortoirs pour les garçons et les filles, une salle à manger et des toilettes.
On peut estimer qu'environ 60.000 € serait suffisant. On attend d'un donnateur.
On ne peut qu'être d'accord sur le concept que les deux installations doivent être autonomes, le lycée agricole est une école professionnelle avec une prédominance des activités pratiques.

La nouvelle église est en construction, financée, elle, par des institutions religieuses. On ne doit pas oublier que dans les différents centres, le message chrétien est proposé et jamais imposé.

Transfert à Mangunde, où l'année dernière, nous avons financé la construction d'une salle à manger pour les enfants. Celle ci est en chantier et bientôt à la prochaine saison des pluies les garçons auront un local pour cuisiner, pour manger et étudier à l'abri.

Le refectoire pour les garçons sera terminé pour l'été.Le refectoire pour les garçons sera terminé pour l'été.

 

Le refectoire pour les garçons sera terminé pour l'été.

 

 

 

A Mangunde  ces dernières années, nous avons participé à la construction des locaux pour abriter les fours à pain et des salles de classe. Toutes les installations fonctionnent parfaitement. Les garçons en pension ont un petit pain par jour, et ceux qui souhaitent davantage peuvent l'acheter. Chaque matin, les files d'attente  se forment pour acheter des petits pains frais.

Ici 2104 élèves fréquentent l'école dont 783 pensionnaires.

A Mangunde également est installée une école d'agriculture: elle dispose de locaux appropriés aux besoins.

Ecole d'agriculture de MangundeEcole d'agriculture de Mangunde

 

Ecole d'agriculture de Mangunde

 

 

 

 

On rappelle qu'à Mangunde se trouvent les meilleurs centres de santé, avec l'hôpital et les différents service de contrôle, de traitement et de prévention du sida (pour plus de détails se référer aux rapports précédents).
Les médecins d'organismes de bienfaisance européens sont envoyés par rotation. Dans les prochaines semaines devrait arriver un médecin mozambicain (payé par l'État).

Au milieu de l'après midi nous repartons  pour Beira, mais nous passerons d'abord par Estaquina pour charger des passagers et du matériel divers. Nous arriverons tard dans la soirée, mais nous aurons fait tout ce qui était possible de faire pendant ces deux jours.

Quelques chiffres résumés:

Les 4 centres Esmabama accueillent cette année 7.727 étudiants, dont 2.402 en internat.
Ils accueillent tous les étudiants qui en font la demande même ceux qui ne peuvent payer les frais (300 Metical par an, environ 7 €). Il y a malheureusement beaucoup de demandes pour l'internat qui ne peuvent être acceptées. Les places et coûts supplémentaires ne le permettent pas. À ma demande d'une estimation de demandes rejetées, Ottorino estime que les pensionnaires pourraient être certainement au moins 50% de plus.les pensionnaires pourraient être certainement au moins 50% de plus.
Les pensionnaires payent dans les classes supérieures, 450 Metical par trimestre (environ 11 euros) pour l'école, le gîte et le couvert; dans les écoles publiques ce serait plus du double, mais en réalité il en existe très peu dans tout le Pays et seuls quelques uns y ont accès. Les repas se composent d'une bouillie de farine de maïs avec du sucre pour le petit déjeuner, de la semoule de maïs à midi et la même chose pour le dîner. Souvent "mouillé" par un bouillon de soupe de haricots.
Le World Food Organisation (Programme Alimentaire Mondial) recommande, comme une exigence quotidienne minimale dans les camps de réfugiés, une ration de 500 grammes de céréales, 20 grammes de sucre, 60 grammes de haricots.
tous les jours à 5 heures du matin, on allume des feux sur lesquels on cuisine tous les jours, plus de 1.200 kg de farine de maïsDans les Centres Esmabama on va au-delà de ces rations "minimum", ce qui signifie que tous les jours à 5 heures du matin, on allume des feux sur lesquels on cuisine tous les jours, plus de 1.200 kg de farine de maïs. En plus de haricots et, occasionnellement, de la viande.tous les jours à 5 heures du matin, on allume des feux sur lesquels on cuisine tous les jours, plus de 1.200 kg de farine de maïs

Le coût important des aliments, est en partie compensé par l'agriculture qui n'est pas encore suffisante pour répondre à la demande.

 


Même cela est à la charge d'Ottorino qui doit constamment rechercher les ressources nécessaires. Il dit, avec fierté et orgueil que les enfants ont toujours mangé, et ne sauteront jamais un repas. Comment? De toute manière ça se fera.

En plus de l'éducation, les centres de santé sont bien implantés dans les territoires des quatre districts. Point de référence difficile à accepter, les populations locales doivent encore faire face à la "sélection naturelle". Tout le monde ne peut pas être sauvé.
Le gouvernement a récemment envoyé aux hôpitaux publics des directives indiquant que devait être fourni aux patients un seul repas par jour. Ils ne peuvent pas se permettre plus.

Excepté à Machanga (qui a un hôpital public à quelques kilomètres)  toutes les autres missions auront d'ici la fin de l'année, les centres de santé et de maternité complets et efficaces.

Il est impossible de résumer en quelques lignes ce qui a été réalisé par Esmabama.
Ceux qui, comme moi, ont eu la chance de passer quelques jours chaque année dans cette réalité, se rendent compte à quel point chaque fois quelque chose change. Beaucoup de jeunes ont terminé leurs études, participé à un programme d'études supérieures avec le soutien d'Esmabama et sont à présent les enseignants et les directeurs de ces centres. On touche du doigt le développement de chaque enfant, maintenant adultes qui ont pu changer le destin de leur vie.

Il reste encore beaucoup à faire dans un pays parmi les plus pauvres du monde, mais je peux témoigner que la réalité Esmabama, restera longtemps comme un point de référence sur le développement durable des populations rurales pauvres.