Association Humanitaire Manlife - Conseil d'administration
 

Association Humanitaire Monégasque
(autorisée par Arrêté Ministériel n° 2004-256 du 13/5/2004)

"Extrait des statuts :
"....fournir assistance aux démunis, sous forme d'aide alimentaire, sanitaire, éducative ou la création de structures adéquates, partout dans le monde,...
......on portera une grande attention à l'aide aux enfants."
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Mozambique 2008

EN VISITE A ESMABAMA          MAI 2008

1° Mai en route de Beira à Machanga, environ 6 heures. "Environ" est  une unité de mesure spéciale dont on ne peut pas se passer dans la programmation d'un voyage au Mozambique : il faudra voir si de nouveaux trous se sont ouverts sur la route asphaltée et quel est l’état des 60 km de piste dont une bonne partie a été inondée l'hiver dernier. Finalement l'état du Mozambique a décidé d’en assumer l'entretien, espérons que ce soit le plus rapidement possible.
À quelque km de la mission, Ottorino nous montre l’endroit, où durant les inondations, devait être déchargé le camion de ciment ou de pierres et rechargé le tout sur des chariots traînés par des boeufs. Ils ne pouvaient pas interrompre pour trop de temps les travaux. Vraiment cette année alors qu’on on devait y construire tous les édifices subventionnés par la Fondation Lord et Lady Laidlaw, Machanga a connu les pires pluies des dernières décennies. Mais ils devaient tout de même terminer les constructions. Nous découvrons le camp de réfugiés des inondations de l’hiver dernier. L' eau a submergé les cabanes et les champs environnants. Le village voisin a été inondé, mais la mission, heureusement a été à peine effleurée par les eaux. .

Camps des réfugiés des inondations
Les camps des réfugiés des inondations
Camps des réfugiés des inondations

L'entretien du Centre

 

Nous arrivons au Centre, les écoles sont fermées pour le 1er mai, mais la vie à la mission est de toutes façons toujours animée. Sur les 1.425 élèves, 500 sont internes et s'occupent  eux mêmes de l'entretien et du fonctionnement.

 

Les ouvriers au travail

 

Il  y a au moins 80 ouvriers au travail qui doivent absolument rattraper le retard accumulé cet hiver, parce que dans quelques jours arriveront les responsables de la Fondation pour vérifier les travaux exécutés et les retombées de l’action à moyen terme sur l’ensemble de la communauté et surtout  parce qu'ils ont besoin au plus vite des salles, des maisons pour les professeurs et de tout le reste.

Nous faisons un retour en arrière pour nous rappeler qu’il y a juste un an nous avons été contactés par la Fondation monégasque Lord et Lady Laidlaw pour nous demander si nous avions des projets en cours à financer. Comment pouvions nous ne pas penser à Esmabama, où les projets à financer ne manquent pas. Nous avons mis en évidence le centre de Machanga, le plus carencé par rapport aux trois autres, structures. Nous avons présenté la situation et élaboré le projet Machanga. Celui ci a été intégralement accepté et 225.000  € nous ont été alloués pour son entière réalisation : 840 m2 pour la construction de 8 salles de classe avec un réfectoire et une cuisine, d'un bloc de sanitaires pour les garçons, de 4 maisons pour les professeurs, d’une bibliothèque et d’un laboratoire.
Machanga aura totalement changé d’aspect !

Réaliser tout ceci durant l’hiver dernier aura été une vraie prouesse grâce à l’irremplaçable contribution du responsable des chantiers, le mythique Augusto.
Avec nous il ne parle jamais, à la longue il réussit à dire quelques mots avec ceux qui lui sont le plus proche, mais avec les ouvriers il se fait entendre et comment…..

Arrivent Anne, la directrice de la Fondation, et Mark, chargés de vérifier l' impact sur la population. Sur le principe nos deux organisations sont totalement d'accord : nous ne voulons pas nous occuper de l’urgence sans pour autant oublier qu’aujourd'hui aussi les enfants doivent manger : notre objectif premier est d'agir de manière à changer un futur, autrement sans perspective.
Grâce aux nouvelles constructions il a été possible de compléter le cycle scolaire en introduisant les deux dernières années pour arriver au niveau du diplôme. Dans toute la région pas une école n’arrive à un tel niveau. Nous apprenons avec une  immense satisfaction que presque tout le personnel sanitaire qui travaille à l'hôpital voisin (oui, dans le village de Machanga il y a  un hôpital public…), fréquente maintenant la classe de 1ère et compte s'inscrire, l' an prochain, en terminale pour compléter le cycle et peut-être en obtenant un peu d’aide, continuer à l’ université.
Ils avaient atteint le niveau maximum d'instruction possible dans la région.
Peu d’étudiants arrivent à ce niveau et méritent de pouvoir continuer.
Dans tout le Mozambique qui comportent 20 millions d'habitants, il y a  seulement 700 médecins, dont le 70% sont à Maputo, les autres dans les principales villes et pratiquement personne dans les campagnes excentrées. Durant les entretiens avec les étudiants de la 11ème classe, 90% veulent devenir médecins ou professeurs. Dans la pratique ce sont les seules professions qu’ils voient exercer et ils savent bien qu’il y a de la place pour tout le monde… pourvu que l'état ait les ressources pour les payer !

Nous rencontrons une délégation de professeurs, puis des étudiants des trois classes supérieures à qui nous avons posé des questions précises. S’est alors ouvert un débat concernant l’impact et l’utilisation des nouvelles structures et autour, leurs attentes.
Dans le centre de Machanga travaillent aujourd'hui 41 professeurs, trente logent dans la structure, certains doivent parcourir 10 km. Par chance quelques uns disposent de bicyclettes.
Seraient nécessaires la construction de 3 autres maisons pour les professeurs ainsi que l'ouverture de la classe de terminale.
Les professeurs qui vivent dans la structure sont un point de référence important pour les élèves, un exemple à suivre.

Les professeurs sont choisis par la direction de l'école, mais ils doivent être agréés par les autorités locales.  70% sont payés par l'Etat. Par ailleurs les autorités du district ont demandé à la direction du Centre de Machanga d'arriver jusqu'à la classe de terminale, l'Etat ne pouvant pas se le permettre.

Évidemment tous les professeurs affirment que les nouvelles habitations changent totalement leur mode de vie. Depuis peu de temps seulement on commence à voir, dans la région quelques simples maisons en dur. Pour le reste tout le monde vit dans des cabanes. Au Centre ils disposent en outre de l’électricité de 18 heures à 21 heures (merci au générateur).

Les maisons des professeurs
Les habitations à l'extérieur du Centre
Les maisons des professeurs
Les habitations à l'extérieur du Centre

Tous les professeurs voudraient avoir plus de matériels pédagogiques. L' enseignant de dessin manque de feuilles et de crayons et voudrait au moins une ardoise adaptée, mais se rend compte qui il y a des besoins plus urgents…
L' enseignant d’éducation physique voudrait un terrain basket, et peut-être un de volley, mais lui aussi sait qu'il devra encore attendre.
Les enfants voudraient avoir plus de matériel pour leurs études. Il faut considérer que dans toutes les écoles mozambicaines, les étudiants n'ont pas de manuels sur lesquels étudier. Dans les centres Esmabama ils peuvent utiliser les livres de la bibliothèque en les restituant après consultation. Il n'y en a pas, évidemment, pour tous, mais la nouvelle bibliothèque, avec les nouveaux espaces, pourra accueillir beaucoup plus d’étudiants. Ils faudra 2.000 € pour acheter d’autres manuels d’étude

Le nouveau réfectoire et la cuisine

Tous sont satisfaits du nouveau réfectoire !
Finalement un lieu où s'asseoir à l'abri de la pluie.
Le menu cependant ne varie pas beaucoup.Tous les jours la farine de mil ou le maïs avec une sauce de haricots généralement . Une fois par semaine il y a de la viande qui provient de l’élevage que chaque mission doit développer, tout en sachant bien qu’au dehors ils n’ont même pas cela. Aujourd'hui les missions sont du point de vue alimentaire, autosuffisante à hauteur de 25%.

La cuisine ....l'année dernière
Le nouveau réfectoire et la cuisine
 
La cuisine ....l'année dernière.

Il est urgent de développer et d’atteindre l'autosuffisance. Il serait nécessaire d’acquérir une centaine de vaches pour compléter l' élevage.

Nous visitons les nouvelles structures, certaines déjà en fonction. Toutes seront complétées pour le mois de mai : la vie changera radicalement pour les enfants de l’internat. Il manquera une partie des meubles. Les bancs ont été acquis partiellement, il en manquent encore 350 avec leurs sièges. Et en urgence, il manque des lits pour les dortoirs. Avec des lits superposés on pourra accueillir  le double des enfants (la situation et restée la même que  l'an passé, aucun sponsor ne s’étant chargé d'acquérir les lits). On quantifie les frais nécessaires pour l'achèvement du centre pédagogique et de l’internat à 206.000 €.

Espérons que la Fondation décide de continuer à soutenir l'achèvement de Machanga.

Una classe l'annnée dernière ....
le batiment de la nouvelle école
Une nouvelle salle de classe
 
...et le batiment de la nouvelle école
Une nouvelle salle de classe
les sanitaires en 2007 ....
les sanitaires construits en 2008
 
.....et les sanitaires construits en 2008

Nous nous rendons à Mangunde, 4 heures environ de voyage, mais il ne pleut même pas aujourd'hui, tout sera plus facile.

Ici Manlife a financé l'an passé la construction d’un structure de 4 classes avec des dépendances. Le bâtiment n’est pas achevé parce que la priorité a été donnée au Projet Machanga : les salles de Mangunde seront prêtes dans un mois. Actuellement les classes sont de 80 élèves, avec les nouvelles salles on pourra descendre à 35/40 élèves par classe.
Le batiment de l'école financé par Manlife
 
Le batiment de l'école financé par Manlife

Ceci est le sommet de l’ excellence dans le secteur de la santé. Un hôpital bien équipé et un service dédié au soin des malades du SIDA, financé par  la Communauté de Sant' Egidio. Nous en avons parlé lors de nos précédents voyages. Malheuresement les deux médecins autrichiens, rencontrés l ‘an passé, sont répartis après les deux ans de permanence à Mangunde et on attend le nouveau médical qui devrait arriver à septembre. Entre-temps le Docteur Giovanna, pédiatre de Padoue en retraite, en  assume la responsabilité et a décidé d'offrir aux malheureux de la région, ces quelques mois qui seront probablement plus nombreux qu’ elle ne pensait..
Nous sommes émus par la passion que cette femme exprime. Félicitations Giovanna, et félicitations Ottorino !
Nous nous demandons comme il fait à trouver toujours les personnes appropriés au moment approprié. La nécessité évidemment développe l’ingéniosité!

Nous rencontrons l' ami James, enseignant d'anglais catapulté  de Manhattan, une autre galaxie. Lui aussi terminera sa mission cette année. Dommage mais deux ans ici ce n’est pas peu. Il nous présente Benedito  Afonso le vainqueur d'un concours d’anglais initié par l’ambassade des Etats Unis.

Le meilleur étudiant d’anglais du Mozambique, vraiment ici à Mangunde et d’autres, toujours d'ici, qui se sont très bien classés.
Bravo Benedito et bravo James
 
Bravo Benedito ... et bravo James!

La nuit est tombée, juste le temps de dîner et le générateur s’arrêtera. Resteront seulement les bougies pour qui  veut prolonger la soirée.
  
Le matin nous nous réveillons comme d’habitude à 6 heures. Nous devons retourner à Beira et repartir pour l'Europe.
Cette année nous n'avons pas le devoir ingrat et agréable à la fois de décider comment utiliser les 30.000 € qu'annuellement nous donnions à Esmabama. Ils ont été déjà absorbés par le Projet Machanga où ils étaient indispensables pour compléter les travaux en cours. Le réfectoire pour les enfants à Mangunde devra encore attendre (nous espérions l'an passé  pouvoir le financer en 2008). Cette année encore nous avons pu vérifier qu'Esmabama honore les engagements pris, malgré les innombrables difficultés. Nous avons discuté avec les dirigeants des centres scolaires,  les enseignants, les responsables des convitti, les élèves.
Nous ne pouvons  que confirmer notre pleine confiance au Père Ottorino Poletto et de ses collaborateurs responsables de cette communauté où nous le nous le rappelons, étudient près 7.000 élèves.
Nous voulons remercier l'infatigable Alessandra, déçue de ne pas avoir encore réussi à faire sien le don d’ ubiquité.

Bienvenu à Tito, trévisan pure souche, entré dans l'équipe l'an passé et qui nous semble, très bien intégré

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Mai 2008