Association Humanitaire Manlife - Conseil d'administration
 

Association Humanitaire Monégasque
(autorisée par Arrêté Ministériel n° 2004-256 du 13/5/2004)

"Extrait des statuts :
"....fournir assistance aux démunis, sous forme d'aide alimentaire, sanitaire, éducative ou la création de structures adéquates, partout dans le monde,...
......on portera une grande attention à l'aide aux enfants."
Italiano
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Mozambique 2007

Province de Sofala, Mozambique Central. Voyage-visite des 4 Missions “Esmabama”

8 mai 2007
Première étape - Mangunde. Route asphaltée, réalisée par la coopération internationale après l'inondation de 2000, à l’exception des derniers 25 km en terre. La piste a été faite par la mission. La piste est encore minée et le gouvernement ne s'en occupe pas. Mettre une mine coûte quelques dollars, l'enlever en coûte 400. La guerre est finie, et le pays vit en paix, entre les ruines..
Centre de Santé de MangundeDans la structure de MANGUNDE se trouve le centre sanitaire le plus développé. En fonction depuis 2005, outre l'hôpital, il comporte un hôpital de jour et un centre de diagnostic..

On y concentre les efforts pour l'assistance complète aux malades du SIDA. Celle ci comprend la PTV (prévention contre la transmission verticale mère/fils), le traitement anti- retro viral, et l'alimentation adaptée aux malades du SIDA. Depuis un an il est animé par un couple, d’excellents jeunes médecins autrichiens envoyés par  Caritas de Voralberg (Autriche). Ils resteront encore un an sur place.
Il a été formé et est constamment mis à jour, un groupe de jeunes mozambicains qui s'occupe à contacter les diverses comunautés.
La responsable Flore,a réussit à nous transmettre avec peu de mots et surtout avec son regard, l’enthousiasme pour son activité et les difficultés quotidiennes de ses pérégrinations de village en village. Les difficultés de surmonter les choses simples : comme expliquer à des analphabètes qui n'ont pas encore de langue en commun, comment et quand prendre les médicaments : il est indispensable d’illustrer les diverses phases de la journée, réveil-repas-coucher de soleil etc... auxquels ils doivent associer les divers médicaments. Le problème majeur dans le fonctionnement de l'assistance médicale est le manque de personnel de techniciens infirmiers. .

Les malades parcourent parfois des dizaines de kilomètres pour arriver à l'hôpital. Souvent ils sont accompagnés des parents qui attendront sous l'omniprésent arbre toujours à côté de chaque centre de soins, près duquel ils trouveront une marmite pour cuisiner pendant l'hospitalisation de leur parent. Et ils vivront là, sous l'arbre, autant de jours qu’il est nécessaires à leur proche.

Le directeur il nous raconte comment se déroule la vie à la mission : le travail pour le personnel débute à 5 heures ; la première phase d'école va de 7 heures à 12 heures ; la seconde de 13 heures à 18 heures. Il y a 1900 des élèves dont 550 en internat. L'école est, presque, gratuite ; Il est demandé une somme de 1 à 3 euros pour l'inscription. L'internat coûte, par enfant et par an, 20 euro, au plus grand niveau d'instruction (12° classe). Nous approuvons sans réserve l’idée de faire payer une contribution symbolique.

Les jeunes doivent savoir que l'instruction coûte. Et ceux qui ne peuvent pas payer la note, resteront une semaine pendant les congés pour contribuer à l'entretien de la structure. On doit savoir que l'instruction coûte et qu'ils sont, dans leur pays, des privilégiés. On entent le tintement d'une vieille cloche dans la cour pour 5 minutes de récréation : des bandes d'enfants des écoles primaires envahissent la cour ; plus discrets sont les plus grands, mais tous sont attentifs et nous scrutent avec attention
Dans les communautés les plus isolées, parfois les enfants sont effrayés encore à la vue de l’homme blanc : Ce n’est pas le cas ici. Au Mozambique les blancs ne sont pas vus comme l'ennemi. Ceci est un espoir pour le futur de l'intégration en Afrique.


Pendant que nous nous promenons vers les salles de classe, nous sentons une odeur familière.

L' odeur du pain à peine sorti du four. Nous avions presque oublié que Manlife avait financé l'an passé la construction du local pour le four et pour le générateur (le four électrique est mis à disposition d'une famille italienne). Quelle satisfaction de voir défourner des centaines de petit pains et quelques garçons en file pouvoir les goûter. Ils sont distribués aux élèves deux fois la semaine, les autres jours ils sont vendus. Rien n’est plus gratifiant de voir ce que de nous avons réalisé.
Nous poursuivons vers les cuisines : un auvent, une grand auvent.
Durant toute la journée quelqu'un s'occupera du feu et fera bouillir sans interruption des marmites d'eau pour faire cuire, à plusieurs reprises la polente de maïs et un peu de haricots : le repas. Le même pour le dîner, le même demain et pour tous jours prochains. Mais, de temps en temps, on sacrifie un animal de l'élevage et on utilise les produits de la "machamba", jardin en dialecte local, à la production duquel tous contribuent (c’est même une matière scolaire). L'élevage et l'agriculture sont des ressources importantes pour les missions. L'objectif est de se rendre autonomes du point de vue alimentaire d’ici quelques années. Déjà aujourd'hui environ 50% du bétail est consommé à l'intérieur et le restant est vendu sur les marchés locaux. Un générateur fournit l' électricité de 18 heures à 21 heures. Le temps de dîner, d'étudier un peu (si on trouve un angle éclairé) et de se laver. À 21 heures, avec un bruit sourd, le générateur se tait. Le noir absolu enveloppe tout. Pour  le visiteur c’est une atmosphère magique... peut-être qu'eux même auraient voulu encore un peu de lumière....

9 mai 2007 Mangunde –Machanga
Le matin suivant nous assistons à la leçon d'anglais : l'enseignant est James, un jeune américain du Corps de Paix venant de Manhattan pour enseigner sur cette autre planète, sa langue. Pourquoi, lui demandons-nous, selon lui, est il important d'apprendre l'anglais ? Question évidente, pour nous, mais la spécificité du Mozambique est que tous les pays environnants "function in English", comme il dit (Afrique du Sud, Swaziland, Zimbawe, Malawi).

Et souvent les Mozambicains devront aller y chercher du travail. Nous assistons à d’autres leçons, pendant que nous cherchons à connaitre quels sont les besoins les plus urgents. Et souvent à ne pas saisir la en réalité, nous devons seulement décider comment utiliser les ressources disponibles de notre association. Mais nous déciderons plus tard, nous  avons d’autres structures à visiter.

Et nous partons pour Machanga, la mission la plus lointaine et la plus "pauvre".

Nous voyageons avec un pick-up, et le plateau ne voyage jamais vide. Nous avons une place disponible à l’intérieur de l’habitacle, nous accueillons une jeune maman avec un enfant dans les bras, les autres au dehors sur le plateau. Il y a même des enfants petits : nous les faisons entrer dans l’habitacle. Il y à quelques années, à mes premières expériences de guide dans le Mozambique, j’aie demandé quel était le nombre maximum de passagers autorisés dans un véhicule : et en une bruyante rigolade il m’a été répondu "Tous ceux qui y tiennent". De temps en temps nous entendons taper sur le toit du véhicule, on s’arrête quelqu'un descend...

ls remercient, toujours, gentils et souriant, ils ont épargné des heures et des heures de chemin. Ils ont eu de la chance.
À l'arrivée à Machanga nous sommes accueillis par le  directeur ; il a été informé du fait que nous préparons un projet à présenter à une fondation qui pourrait intervenir massivement dans terminer le travail nécessaire : on a prévu….un traducteur en anglais. Un des garçons qui ont étudié et qui collaborent à la gestion du centre éducatif. Nous commençons la visite des salles de classe. Les plus petits ne disposent pas de salles et utilisent des baraques "provisoires" depuis à présent de trop d'années. Pour nous c’est insolite ; nous tendrions à privilégier et à rendre plus confortables les classes des petits plutôt que celles des grands. Ils nous expliquent que le nombre des élèves des premières classes est très important et que le fait de mettre à disposition des plus grands les meilleurs salles de classe est un stimulant pour les plus petits qui voient l’arrivée aux classes supérieures comme la récompense du point d'arrivée, et comme une une victoire.

Dans la partie réservée aux filles la cuisine jouxte le réfectoire.

les garçons n'ont pas de cuisine : la cuisson se fait sous un toit de tôle ; ils n'ont pas le réfectoire : ils mangent où ils peuvent. Nous assistons au dîner, à 18h30, dans une soirée féérique avec un ciel éclairé d’une myriade d'étoiles qu’à présent il nous est impossible de voir même dans le noir absolu.

 

Les garçons assis par terre.J'imagine la situation pendant la saison des pluies, lorsque toute la cour se transforme en immense marécage : il faudra vraiment construire la cuisine et le réfectoire... dès qu’on aura de l’argent. Et il faudrait même acheter des lits, aujourd'hui ils dorment par terre sur des nattes. On pourrait même recevoir plus d’élèves s'il y avait plus de lits gigogne. De même ici le générateur fournit l’électricité de 18 heures à 21 heures. Cela nous  serre le coeur dans voir comment  les élèves les plus de volontaires cherchent une lueur de lumière pour terminer leur travail debout près de la lueur des ampoules.


Ce soir les filles dansent pour nous sur des ryyme tribaux, et chantent;aucun instrument, leurs voix sont plus que suffisantes à battre le rythme et à remplir de sons les alentours. On ne peut pas rester immobiles plongés dans ces rythmes, les muscles se mettent en mouvement comme guidés par les vibrations des chants. Elles ont trouvé le prétexte pour danser et chanter, elles le feraient tout le temps. Et ce soir le générateur reste allumé un peu plus. Une demie heure, suffit pour sentir l'air insolite de la fête. Nous aussi nous allons vite dormir, nous nous habituons au respect du cycle jour/nuit, et demain elle sera une journée très longue..

10 mai 2007  Machanga – Mangunde – Estaquinha - Beira

Debout à 6 heures on demande ce qui s’est passé à 3 heures du matin, avec ce bruit de ferraille : C’est le camion qui réapprovisionne et relie les missions et qui a porté cette nuit, 700 petits plants de coco. Il est arrivé jusqu'ici, sans lumière, complètement sans phares, par une nuit noire africaine, sans lune. Des filles déchargent les plants de coco et les transportent dans les champs où ils seront repiqués. Elles font leur travail sereinement et avec diligence : elles ont déjà fini.

Reprenant notre visite, nous assistons à quelques leçons.Tous les enseignants sont mozambicains, sauf pour les leçons d'anglais..

Ici c’est Jordan, de Californie, une  fille au rire explosif. qui fait chanter en anglais ses élèves.
Nous passons au dispensaire, c’est le plus petit et le plus démuni des quatre structures :
un seul petit local, un infirmier, aucun appareil rien médical, peu de médicaments.
L’établissement d’un centre de soins est une des priorités ; pour un travail médical il faut avoir un minimum de structure nécessaire pour fonctionner. Comme on ne peut pas tout faire à la fois, il a été décidé de concentrer les efforts dans le secteur de santé de Mangunde..


Aujourd'hui nous devrons aller à Mangunde (environ 4 heures de voyage) pour accompagner à l'hôpital deux femmes avec un enfant qui sont malades de SIDA et devront séjourner en hôpital. Nous poursuivrons ensuite pour Estaquinha (quelques heures) et devrons retourner à Beira dans la soirée. Et malheureusement nous n’avons pas le temps pour aller visiter la structure de Barada. Demain est le dernier jour et nous devrons ensemble tirer les conclusions et préparer le projet d'intervention.
Jordan vient avec nous, profitant de l’occasion pour passer le week end  à Beira. Son rire explosif nous tiendra compagnie. Le centre d'Estaquinha excelle dans le secteur aigre- zootecnique. Il comporte 200 hectares de champs ; les plus près du fleuve sont évidemment les meilleurs, mais une nouvelle motopompe et de nouvelles conduites sont nécéssaires pour éviter de pomper, pendant les saison sèche, l'eau salée. Ils vendent une partie de leurs produits aux marchés environnants, les plantes de moutarde à une société qui les exporte en France. En visitant les diverses structures nous apprenons avec plaisir qu'ici ils ont un réfectoire pour les filles et pour les garçons : finalement. Mais ils doivent refaire le dortoir des filles et ont besoin d'une bibliothèque/laboratoire, nécessaire pour terminer le cycle scolaire.
Nous rencontrons le plus "ancien" collaborateur d'Esmabama, de la renaissance des missions après la guerre. Il nous montre l'unique petit édifice ayant survécu au conflit. Le reste a été reconstruit entièrement.
Lui s'occupe de la radio, de l'unique forme de liaison entre les quatre structures d'Esmabama et le siège de Beria. Pour la couverture des téléphones mobiles il faudra encore attendre un bon peu ! D'abord ils devront amener l'énergie électrique. Chaque année semble être la  bonne, mais pour l'instant encore rien. Le temps presse, nous voudrions rester encore, poser encore quelques questions, chercher à comprendre, connaître mieux, mais nous devons rentrer à Beira. Cette fois sur le plateau du pick up, pour un voyage de trois heures, montent un enseignant et un élève du centre. Ils rentrent à la maison à Beira, pour la fin de semaine.
Nous arrivons à Beira tard en soirée, voyage intéressant, poussiéreux et contents qu'ici nous aurons de l'eau courante, une bonne douche est vraiment ce qui il faut : dommage que la pompe soit cassée, mais ils ont déjà préparé des seaux d'eau pour nous. Comme d’habitude l’hôte est sacré. Peut-être demain pourront ils réparer.

11 mai 2007   Beira
Le dernier jour est est arrivé nous devons décider : décider quels garçons pourront étudier dans une classe à l'abri de la pluie et quels autres ne pourront pas le faire; qui aura un lit pour dormir et qui continuera à se contenter de la natte ; qui aura un réfectoire avec les tables pour manger et qui n’en aura pas ; qui aura la possibilité de trouver du personnel soignant et des médicaments adéquates et qui ne l’aura pas. Et comment faisons nous pour décider ? Et qu'est-ce que nous pouvons faire avec nos ressources disponibles ? Évidemment celui qui vit de telles décisions est Ottorino, constamment engagé (outre ses mille tâches) à décider où placer les ressources disponibles (jamais suffisantes) et comment trouver les ressources nécessaires. Finalement nous décidons de financier la construction des blocs scolaire de 4 salles et de salle pour les professeurs prés de l'école de Mangunde. Les autres attendront !!! Comme chaque année la frustration de pouvoir faire si peu nous assaille, face à des tels besoins, mais nous savons qu'ici ça se construit vraiment. Nous avons vu les petit pains sortir du four, nous avons vu achevée les constructions financées, l'an prochain nous verrons quelque baraque en moins et quelque salles de classe en plus. Nous sommes certains qu'Ottorino et les siens le feront. Nous aurons versé notre petite goutte, heureux le d'avoir fait.
mai 2007
Francesco e Paola